Cartographier une grotte avec un iPhone : guide pas à pas
Mis à jour le 3 octobre 2026
Un iPhone Pro n’est pas un instrument de topographie, mais c’est un complément étonnamment utile : un modèle 3D de la galerie, un trajet enregistré et un chemin du retour, sans réseau. Ce guide déroule la méthode, de la préparation à l’export, avec les limites réelles du capteur et la façon de l’associer à une topographie classique. Il suppose que vous êtes autorisé à entrer dans la cavité et que vous y allez accompagné.
Ce que l’iPhone peut faire, et ce qu’il ne peut pas
Le LiDAR de l’iPhone mesure jusqu’à environ 5 mètres, y compris dans le noir. Dans une galerie de taille modeste, avec des parois rugueuses, il reconstruit une forme tridimensionnelle fidèle. Dans une grande salle dont les parois sont hors de portée, il ne cartographie que ce qui est proche.
Il ne remplace donc pas une topographie : pas de visées calibrées, pas de précision garantie, une dérive possible sur de longues distances. Voyez-le comme un complément de volume et de trajet. Pour le principe du capteur, lisez le guide du scan LiDAR sur iPhone.
Étape 1 : préparer la sortie
Avant de descendre, côté cavité et côté téléphone :
- Confirmez l’autorisation d’accès, la météo (une crue peut fermer une cavité) et l’horaire de retour, communiqué à un proche.
- Chargez l’iPhone, emportez une batterie externe et un étui étanche : le suivi visuel, le LiDAR et la torche consomment.
- Libérez de la place de stockage, désactivez les notifications et testez Lidark en surface pour vous familiariser avec les alertes.
- Prévoyez un système de fixation ou un cordon : un iPhone qui tombe dans l’eau ou la boue est un iPhone perdu.
Étape 2 : l’éclairage
Le LiDAR mesure sans lumière, mais ARKit situe l’iPhone grâce à la caméra : il lui faut de la lumière. Lidark allume la torche automatiquement dans le noir, et votre lampe frontale éclaire les parois que vous balayez. Emportez toujours deux sources indépendantes du téléphone : le guide de la lampe frontale détaille la règle des trois lumières.
Quand vous regardez l’écran, activez la vision nocturne : un bouton lune passe tout en rouge pour ne pas éblouir votre propre vue.
Étape 3 : la technique de scan
La qualité du relevé tient à la façon de marcher :
- Lancez le relevé à l’entrée, pour que tout soit référencé par rapport à elle.
- Tenez l’iPhone à hauteur de poitrine et avancez lentement, sans à-coups.
- Balayez les parois, le plafond et le sol, pas seulement le couloir devant vous.
- Ralentissez aux carrefours et aux changements de niveau.
- En cas d’alerte (« trop rapide », « pas assez de détails »), arrêtez-vous, éclairez une paroi riche en relief et reprenez : rien n’est enregistré tant que le suivi n’est pas fiable.
Étape 4 : poser des repères
Les repères sont votre carnet de visées. Posez-en un à chaque carrefour, à chaque puits ou ressaut, à chaque obstacle ou danger, et aux points d’intérêt. Ils restent visibles sur la minimap, le plan et la vue 3D, et vous aideront à vous situer au retour comme à relire le relevé plus tard.
Si le trajet forme une boucle, Lidark le détecte et propose un raccourci pour la sortie. Ne le prenez que si vous reconnaissez le passage : la distance affichée est celle du chemin déjà parcouru.
Les limites à garder en tête
Quelques situations dégradent le suivi, et vous devez les anticiper :
- Grandes salles : au-delà d’environ 5 mètres, les parois ne sont plus mesurées. Longez-les.
- Surfaces lisses ou luisantes : eau, argile très uniforme, parois mouillées, qui renvoient mal l’infrarouge.
- Brume et poussière en suspension, qui perturbent la caméra.
- Dérive : de petites erreurs s’accumulent sur de longues distances. Le relevé est indicatif.
Étape 5 : exporter et ouvrir le modèle
De retour en surface, le relevé s’affiche en plan 2D et en profil d’altitude. Avec Lidark Pro, la vue 3D retire les plafonds et l’export en PLY ou OBJ ouvre le modèle ailleurs. Déposez le fichier dans la visionneuse 3D gratuite : il reste dans votre navigateur, avec mesure et retrait des plafonds. MeshLab, CloudCompare et Blender conviennent aussi.
Associer le LiDAR à la topographie classique
La topographie spéléologique reste la référence. Un télémètre laser modifié comme le DistoX, associé à une application comme TopoDroid sous Android, enregistre longueur, azimut et pente de chaque visée, avec une rigueur que le téléphone n’a pas. Ces mesures produisent le squelette de la cavité, que l’on exploite ensuite dans des logiciels de topographie.
Lidark n’exporte pas de format de topographie : il fournit un maillage PLY ou OBJ. Rien ne vous empêche de les superposer dans CloudCompare ou Blender, en recalant le modèle sur vos stations, pour obtenir le volume autour du squelette. Voir aussi le guide de la spéléologie.
Après la sortie : relire et comparer
Le vrai travail commence souvent à la surface. Relisez le relevé en plan 2D, repérez les zones mal couvertes, puis comparez avec le croquis ou la topographie de la cavité. Un modèle daté permet aussi de comparer deux visites : une salle s’est-elle remplie de sédiments, un passage s’est-il éboulé ? Gardez le fichier exporté avec vos notes de sortie, dans un dossier daté.
Si vous voulez repartir compléter un secteur, la reprise de relevé (Lidark Pro) permet de retourner dans une zone déjà scannée et de prolonger le modèle dans le même repère.
Sécurité et éthique
Lidark est une aide à l’orientation : il ne remplace ni un guide, ni une corde, ni un repérage préalable. Ne descendez pas seul, respectez la réglementation et les consignes de votre club ou fédération, ne cassez aucune concrétion et ne laissez rien. Retrouvez tous nos guides sur la page guides.
Questions fréquentes
Quelle est la précision du LiDAR de l’iPhone en grotte ?
Elle est suffisante pour restituer la forme d’une galerie, mais pas pour une topographie de référence : une dérive peut s’accumuler sur de longues distances. Considérez le relevé comme indicatif.
Peut-on cartographier une grotte sans lampe frontale ?
Ce n’est pas recommandé. Le suivi de position est visuel, donc la torche de l’iPhone aide, mais il faut toujours deux sources de lumière indépendantes du téléphone, par sécurité.
Lidark remplace-t-il DistoX et TopoDroid ?
Non. Ces outils produisent une topographie rigoureuse par visées. Lidark apporte un modèle 3D du volume et un trajet de retour, en complément.
Quel format d’export pour une grotte ?
PLY ou OBJ, avec Lidark Pro. Ils s’ouvrent dans MeshLab, CloudCompare, Blender ou la visionneuse gratuite du site.